mardi 18 janvier 2011

Du vélocipède à la bicyclette, devoirs et droits du cycliste auscitain

L’équipe de l’association « AUSSI » a récemment découvert aux Archives départementales du Gers un arrêté préfectoral en date du 29 février 1896, et portant sur la « Réglementation de la Circulation des Vélocipèdes sur les Voies publiques ». D’hier à aujourd’hui peu de changements sur le fond, à l’exception de quelques « nuances »…

Principe de base :
« le cycliste est un conducteur de véhicule à part entière ; étant usager de l’espace public il se doit de respecter les mêmes règles que les deux-roues motorisés. Il en va de sa sécurité, mais aussi de celle des autres. »

Arrêté préfectoral du 29 février 1896, morceaux choisis :
Art 1er : La circulation des vélocipèdes sur toutes les voies publiques nationales, départementales et communales est soumise aux règles ci après énumérées.
Art 2 :  Tout vélocipède doit être muni d’un appareil sonore avertisseur dont le son puisse être entendu à 50 mètres ; dès la chute du jour, il doit être pourvu d’une lanterne allumée. Idée simple, pouvoir être identifié et pouvoir se signaler, question de bon sens. Aujourd’hui porter un gilet fluorescent est obligatoire hors agglomération lorsque la lumière naturelle est faible et la nuit. Et c’est vraiment conseillé en ville, question d’expérience.
Art 4 : Les vélocipédistes doivent prendre une allure modérée dans la traversée des agglomérations ainsi qu’aux croisements et aux tournants des voies publiques. ls ne peuvent former de groupes dans les rues ; en cas d’embarras, les bicyclistes sont tenus de mettre pied à terre et de conduire leurs machines à la main. Encore du bon sens, et une bonne dose de politesse.
Art 5 :  Les vélocipédistes doivent prendre leur droite lorsqu’ils croisent des voitures, des chevaux ou des vélocipédistes et prendre leur gauche lorsqu’ils veulent les dépasser ; dans ce dernier cas ils sont tenus d’avertir le conducteur ou cavalier au moyen de leur appareil sonore et de modérer leur allure. Les conducteurs de voiture et les cavaliers devront se ranger à leur droite à l’approche d’un vélocipède de manière à lui laisser libre un espace de 1m50 de largeur Les vélocipèdes sont tenus de s’arrêter lorsque à leur approche un cheval manifeste des signes de frayeur…
L’article 5 est intéressant car il invite le cycliste, pardon, le vélocipédiste à prendre conscience de son environnement et des autres personnes en déplacement. De même pour les conducteurs d’autres véhicules à l’approche d’un deux-roues. Et pour ce qui est des chevaux, le cycliste d’aujourd’hui craint les chevaux…vapeur. Mais bon, l’article 5 pose une bonne vision de l’art de vivre ensemble.
Art 6 : La circulation est interdite sur les trottoirs et contre allées affectés aux piétons. Cette interdiction ne s’étend pas aux machines conduites à la main. Même chose aujourd’hui. Les trottoirs sont interdits aux vélos, sauf pour les enfants de moins de 8 ans ou si vous marchez en tenant votre vélo à la main. Le cycliste est considéré dans ce cas comme un piéton. Commence alors le domaine du « vélo malin », on cumule les avantages des deux modes de déplacement. Il est alors possible de traverser à un passage protégé afin de couper une voie de circulation, et de remonter sur sa machine. La seule machine susceptible de vous permettre de bien vous déplacer en ville s’appelle un vélo… de ville. En effet, le seuil d’enjambement étant bas, il est aisé d’en descendre.
Art 9 : Les contraventions au présent arrêté seront constatées par des procès verbaux et déférées aux tribunaux compétents.
Aujourd’hui une infraction à vélo est sanctionnée par une amende, mais elle ne peut pas entraîner de retrait de points sur votre permis de conduire. En revanche, le juge pénal peut, à titre de peine complémentaire et en fonction de la gravité des faits qui vous sont reprochés, vous imposer une suspension, voire l’annulation de votre permis de conduire.
Quelques exemples de sanctions :
Rouler sur un trottoir. 135€
Non respect d’un stop. 135€
Non respect d’un feu rouge. 135€
Non respect d’un sens interdit. 135€
Ces amendes peuvent être majorées à 375€.
« Les automobilistes et les deux-roues sont égaux en devoirs et en droits. Une bonne raison de partager la rue ».

Documents et texte : Monsieur Jean-Luc DAGUZAN

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire