J’ai eu le privilège de suivre des formations de la prévention routière qui m’ont permis de comprendre que chaque moyen de déplacement utilisé avait des caractéristiques propres.
Prenons par exemple la marche à pied, le fameux pedibus cum gambisdont c’est la traduction approchante. Et bien, lorsque je suis piéton, les caractéristiques de mon véhicule, qui est mon corps et les sens qui vont avec, font que dans le meilleur des cas, je peux bouger facilement, mes capacités auditives sont optimales, mon champ visuel est élargie, je peux communiquer par la voix, par des gestes. Je peux percevoir le danger à 360° en tournant sur moi-même et appréhender les situations, je peux réagir rapidement…sauf qu’avant l’adolescence la vision latérale n’est pas au top et à partir de 65 ans, elle est altérée. Il est courant de dire que les enfants ou les « vieux » traversent sans regarder. En fait, ils regardent mais avec un angle de vision réduit et ils ne voient pas le danger qui vient sur le coté.
A vélo, mon équilibre est limité. Si je veux tourner et signaler mon intention, je dois lâcher le guidon, indiquer le changement de direction bras tendu, tourner la tête pour voir les véhicules qui me suivent ou me « la jouer à l’oreille ». La vision latérale est limitée, lorsque je roule. Avec le vent dans les cheveux, je ressens une grande sensation de liberté, je suis un peu fou dans la tête, je suis le roi du monde…danger. Et si je roule sur les trottoirs, c’est la chasse aux piétons.
En voiture, c’est le cerveau reptilien qui conduit. Quotient intellectuel d’un lézard, vision latérale inférieur à 180° et qui diminue en fonction de l’augmentation de la vitesse, un troupeau de chevaux à mes ordres. Qui plus est les conducteurs d’automobiles déplacent leur espace privé sur l’espace public et à part le klaxon, le bruit du moteur, les clignotants, l’insulte verbale et le langage des signes, ils sont très limités en matière de communication.
Si vous voulez savoir pourquoi vous êtes irascible au volant et pourquoi les autres vous dérangent, c’est aussi parce qu’il s’agit d’une lutte de territoire. Il arrive que la lutte soit violente.
Signé de notre Monsieur conseils et sécurité : Jean-Luc DAGUZAN.

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